Hebdo 01 - Pays de Gex - Bellegarde

Aux grandes femmes, toutes reconnaissantes


Angela Merkel, Christine Lagarde, Theresa May… Elles sont peu à être à la tête d’un gouvernement ou d’une institution à visée internationale. Et peu de Bill Gates à signifier en exemple aux jeunes filles ambitieuses. Pourtant l’Histoire regorge d’illustres femmes.



Et ce dès l’Antiquité. Outre la célèbre légende des Amazones, femmes guerrières de la mythologie se tranchant un sein pour tirer à l’arc et tuant les enfants de sexe masculin dès leur naissance, l’art antique grec aimait à se moquer de la société patriarcale et notamment Aristophane et sa comédie « Lysistrata » où les femmes entament une grève du sexe auprès de leur mari pour réclamer la paix et la fin de la guerre du Péloponnèse.



En France, la naissance du féminisme tel qu’on le connaît est souvent attribuée à Olympes de Gouges. Cette révolutionnaire publie en 1791 la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ». Emblème historique de l’émancipation du sexe féminin, elle lutta pour les droits de la femme en politique mais aussi dans la société, réclamant le droit au divorce mais aussi l’abolition de l’esclavage. Cette avant-gardiste est souvent citée pour une entrée au Panthéon où seules 4 femmes reposent parmi les 71 hommes.



Les Simone à la manette



Des années plus tard, la contribution des femmes à l’effort de guerre contribua aux changements des mentalités. Le 21 avril 1944, les combattantes de l’arrière sont récompensées et le droit de vote est accordé aux femmes.



Au fil des siècles, de nombreuses voix se sont élevées. Du côté des écrivaines notamment. En 1949, Simone de Beauvoir publie un ouvrage retentissant : « Le deuxième sexe ». La condition féminine y est dépeinte, l’indépendance de la femme y est prônée, l’aliénation de celle-ci par la société dénoncée. « On ne naît pas femme, on le devient », restera dans toutes les têtes.



Libre de travailler sans avoir l’accord de son mari en 1965, la femme profitera comme son homologue masculin de la libération des mœurs en 1968. Nouveau pavé dans la mare, le « Manifeste des 343 », paru en avril 1971 et rédigé par Simone de Beauvoir, est signé par 343 femmes reconnaissant avoir eu recours à l’avortement, alors interdit, et réclame sa légalisation et sa gratuité ainsi que l’accès à la contraception. Parmi elles, Simone de Beauvoir, Brigitte Fontaine, Catherine Deneuve, Nadine Trintignant, Jeanne Moreau, Françoise Sagan… Un scandale nécessaire pour aboutir à la loi défendue par Simone Veil quatre ans plus tard.



En 1980, la première femme fait son entrée à l’Académie française : Marguerite Yourcenar. La polémique est vive. Elle « est une femme et qu'en tant que femme elle a autre chose à faire que de siéger parmi quarante hommes », s’insurgea Jean Guitton, membre de l’Académie. En 1991, une femme est enfin nommée Premier ministre. Edith Cresson remplacera Michel Rocard à la tête du gouvernement.



Comme quoi et comme disait Colette, « la femme est capable de tous les exercices de l'homme, sauf de faire pipi debout contre un mur ».



Renommer les rues



À Paris, seules 2,6% des noms de rues sont féminins. En 2015, l’association « Osez le féminisme » avait renommé des rues de la capitale pour sensibiliser et interpeller sur ce manque. La chanteuse Nina Simone, la navigatrice Florence Arthaud, la physicienne Lise Meitner ou encore l’écrivaine Assia Djebar firent parties du paysage urbain.



Le 25 février dernier, le Conseil communal de la ville de Namur, en Belgique, a pris la décision de féminiser de plus belle les noms des espaces publics et des rues. 15 nouveaux noms devraient voir le jour.


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