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Cop 24 : Tour d’horizon des enjeux climatiques


Alors que la 24e conférence de l’ONU sur les changements climatiques vient de fermer ses portes, à Katowice, en Pologne, les 200 pays réunis à cette occasion, ont tenté de trouver des solutions pour réduire les impacts du réchauffement planétaire. Concentration croissante en CO2, records de chaleur, fonte des glaces… Il faut dire que désormais, tous les voyants sont au rouge. Tour d’horizon anxiogène.

Environnement



«Concilier la fin du monde et la fin du mois», lançait Emmanuel Macron le 27 novembre dernier. Entre temps, la colère des « gilets jaunes » s’est intensifiée et le Président de la République a annoncé des mesures en faveur de la fin du mois.



Un épisode politique et populaire qui a fait grand bruit autour de la planète. En pleine 24e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), soit la Cop 24, pour faire plus simple, qui avait lieu du 3 au 14 décembre à Katowice, en Pologne, c’est la première fois qu’une révolte a lieu contre une réforme de transition énergétique. Le tout, dans le pays des Accords de la Cop 21, sensés marquer un tournant pour l’avenir de la planète. Si l’urgence sociale ne peut être négligée, face à l’urgence climatique, il est nécessaire d’agir dès aujourd’hui. Les principaux enjeux de nouvelle Cop sont d’ailleurs majeurs.



Des records de chaleur



Cela devrait être officiel dans quelques jours, 2018 est l’année la plus chaude depuis l’apparition des relevés météorologiques. Les quatre premières places étant accordées aux quatre dernières années.



Pendant le mois de juillet, bon nombre de régions du globe ont surchauffé, observant « des épisodes de chaleur extrême, et en particulier sur l’hémisphère Nord […]. Ces vagues de chaleur sont comme souvent liées à des dômes d’air chaud peu mobiles, pouvant parfois stagner sur une même zone pendant quelques semaines, voire des mois. […] Cela ne veut bien sûr pas dire qu’il fait chaud partout, car d’autres régions du monde connaissent en revanche des températures inférieures aux moyennes climatologiques, mais à l’échelle globale les anomalies chaudes sont prédominantes et plus intenses que les anomalies froides », précisait Météo France.



Parmi les plus exceptionnels, celui de la Scandinavie. En Norvège, la température est montée jusqu’à 33.7°C, 33°C en Laponie norvégienne, soit plus de 15 degrés au-dessus des moyennes climatologiques… « En Suède, on a relevé jusqu’à 34.4°C à Uppsala le 16 juillet, température la plus haute depuis 1975. Un record absolu a été battu près du cercle polaire à Kvikkjokk avec 32.5°C le 17 juillet. En Finlande, le mercure est monté jusqu’à 33.7°C à Vaasa le 18 juillet », précise le service officiel de la météorologie.



Des records de chaleur ont également été enregistrés partout en Europe, en Corée du Sud, au Japon ou en Algérie, provoquant parfois de gigantesques incendies. Autre conséquence directe : pour la 38e année consécutive, les surfaces des glaciers ont de nouveau rétréci.



Une montée des eaux programmée



3,3 mm par an. C’est l’augmentation du niveau des mers et océans du globe. Mais c’est une moyenne. Car le chiffre est extrêmement variable selon les régions du monde. D’autant plus que le phénomène semble s’accélérer. En effet, le niveau des mers a augmenté de 25 à 30% plus vite entre 2004 et 2015, en comparaison à 1993-2004. La fonte des glaces du Groenland, n’y est pas pour rien. Et désormais, l’Antarctique s’en mêle. Avant 2012, le continent blanc se délestait de 76 milliards de tonnes de glace par an, désormais c’est à coup de 219 milliards de tonnes que la fonte s’accélère.



Les experts du GIEC sont formels : le niveau des eaux gagnerait 26 à 77 centimètres d’ici 2100. À condition que le réchauffement reste à +1,5° C par rapport à l’ère pré-industrielle. Sinon, à +2° C, ce sera 10 centimètres de plus, représentant jusqu’à 10 millions de personnes impactées supplémentaires.



Le CO2, démesurément



Après une courte régression de 2014 à 2016, les émissions de CO2 à l’échelle mondiale, provenant de la combustion d’énergie fossile, ont de nouveau augmenté de 1,6% en 2017 d’après le Global Carbon Project.



Au sein de l’Union européenne, ces émissions ont augmenté de 1,8%. Selon une étude d’Eurostat, seuls sept pays ont réussi à diminuer leurs émissions et ce, malgré les objectifs européens ambitieux : réduire de 80% ces émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, par rapport aux niveaux de 1990, le tout, échelonné par décennies, 40% de réduction d’ici à 2030 et 60% d’ici 2040.



À l’échelle mondiale, les 10 pays qui émettaient le plus de CO2 en 2006 sont la Chine et les États-Unis, suivis de loin par la Russie, l’Inde, le Japon, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Canada, la Corée du Sud et l’Italie.



Le boom des catastrophes naturelles



Sécheresses, canicules, ouragans, inondations, incendies… Le réchauffement climatique apporte son lot de phénomènes extrêmes. Selon certaines études, leur nombre aurait doublé depuis 1990. L’Organisation météorologique mondiale recensait déjà, en novembre dernier, 70 cyclones tropicaux pour l’année 2018. Toujours selon les professionnels du GIEC, +2°C serait synonyme de records de chaleur mais aussi d’augmentation de l’intensité des cyclones.



Selon une étude publiée par le réassureur, Swiss Ré, le coût des dégâts des catastrophes naturelles et celles causées par l’humain, est estimé à près de 36 milliards de dollars au premier semestre 2018. Un chiffre qui était grimpé à 64 milliards de dollars pour la même période, en 2017. Mais le chiffre le plus alarmant est probablement celui-ci : chaque année 26 millions de personnes basculent dans la pauvreté à cause des cataclysmes naturels.



Les espèces en extinction accélérée



Si l’humain se tire des balles dans le pied et pas seulement, il en fait aussi payer le prix à la faune et la flore qui partagent la planète. Ainsi, sur les 8688 espèces menacées ou quasi menacées figurant sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), ce sont à peu près 20% qui sont déjà affectées par le réchauffement climatique, à cause des températures excessives et des phénomènes catastrophiques. Et les vagues de chaleur déferlent également en mer, menaçant plus que jamais les écosystèmes. Pour exemple, les récifs coralliens, à cause des canicules, ont dernièrement essuyé un puissant blanchissement et une mortalité record.



Dans une étude réalisée en partenariat avec le Tyndall Centre for Climate Change de l’Université d’East Anglia en Grande-Bretagne, WWF, ONG spécialisée dans la protection de l’environnement tire également la sonnette d’alarme pour la biodiversité. De l’Amazonie à l’Himalaya, en passant par la Méditerranée, dans les régions planétaires les plus riches en faune et en flore, ce sont 50% des espèces qui sont menacées de disparition si le réchauffement climatique atteint 4,5 degrés d’ici 2080. En respectant les Accords de Paris, ce sont 25% qui restent sur la liste des menacés. En première ligne : l’éléphant d’Afrique, le panda géant, le lycaon, le lémurien, les tortues marines et le wallaby des rochers.


Astuces

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