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ECONOMIE - Semaine de l’industrie : la plasturgie recrute !


La plasturgie est entrée dans l’étape d’après. Elle s’est transformée pour s’adapter à un nouveau contexte international. Maintenant, elle a besoin de recruter des personnels, qui, outre leur formation technique hautement qualifiée, seront capables de faire évoluer leurs pratiques dans le temps, au gré des innovations.

Après une nécessaire mue, la Plastic Vallée doit résoudre une nouvelle équation



Comme à peu près l’ensemble des secteurs économiques, la plasturgie a traversé une crise qui n’a pas été sans conséquences, notamment sur l’emploi. Cette période a sonné le glas de la plasturgie traditionnelle qui faisait la fierté de la Plastic Vallée. Les décideurs politiques et économiques ont établi à l’époque un diagnostic objectif de la structuration de cette activité dans le bassin oyonnaxien, avec ses forces et ses faiblesses. La grande majorité des entreprises étaient souvent familiales, avec un secteur commercial faible et sans département recherche. Leurs effectifs étaient très en dessous de la moyenne nationale dans la même branche, 29 salariés au lieu de 36, et les personnels étaient souvent peu qualifiés. Ces entreprises étaient conçues dans le même « moule », c’est-à-dire se situant dans la même filière, celle de la transformation de la matière, et par le même procédé à savoir par injection. De plus, la dépendance était forte à un secteur d’activité principal, l’industrie automobile. Ces constats établis, le milieu a su créer les outils pour se transformer en profondeur : un pôle de compétitivité, Plastipolis, un outil de promotion, l’AEPV, et un centre technique dédié aux plastiques, l’IPC. Cela a donné un nouveau souffle à la plasturgie qui s’est engouffrée avec bonheur dans le domaine de l’innovation. Nouveaux matériaux, nouveaux procédés, nouveaux métiers, nouvelle approche de l’activité en proposant de nouvelles solutions techniques plutôt que d’attendre de futurs marchés, bref, l’évolution a été rapide et positive. Mais des freins demeurent, ils se situent maintenant au niveau du recrutement.



Dire que la Plastic Vallée recrute ne suffit peut-être pas



Des études sérieuses estiment qu’il sera nécessaire à la Plastic Vallée de recruter environ 1 300 personnes dans les deux ou trois années à venir pour continuer son développement. Le niveau d’activité est reparti à la hausse et le « Baby boum » arrive à l’âge de la retraite. Les formations existent, du CAP au diplôme d’ingénieur, localement à Oyonnax ou sur Lyon pour les plus pointues. Des partenariats entre entreprises et centres universitaires permettent de faire découvrir cette branche porteuse. Et pourtant, les entreprises ont du mal à trouver les profils recherchés. Certaines renoncent à des projets innovants par manque de pilotes pouvant les conduire. Le recrutement via le « Bon Coin » n’est qu’un pis-aller. Mauvaise image de la plasturgie, ou image décalée ? Méconnaissance de la filière malgré les efforts déjà faits ? Oyonnax n’est pas la Californie, alors l’appellation Plastic Vallée suffit-il à donner un attrait à un territoire mal connu ? Les questions restent posées. La seule certitude est que les actions entreprises ne suffisent plus. Certes les opérations comme Ain’formations métiers dernièrement à Ainterexpo, ou la semaine (nationale) de l’Industrie sont louables et nécessaires. Mais il semblerait qu’il faille passer au stade supérieur. Cela demandera des idées, des efforts, de l’argent, une mobilisation encore accrue, un partenariat renforcé entre responsables politiques et décideurs économiques. La Plastic Vallée est un fleuron départemental qui mérite qu’on se batte pour qu’il le reste, mais c’est aussi un territoire qui veut croire en son avenir.



Amaury Veille : « Former des gens capables d’innover et de travailler ensemble »



Amaury-Veille



Amaury Veille, en tant que directeur technique de S2P, société de plastronique, vous avez un œil expert sur l’évolution de la plasturgie et sur ses besoins en termes de recrutement : « La plasturgie s’est pas mal diversifiée ces dernières années, dans les métiers et dans les savoir-faire. En gros, la Plastic Vallée est passée de la production à l’apport de solutions aux clients. Cela demande de la recherche et de l’innovation. Et ce n’est pas sans poser des problèmes à la formation. Il y a plusieurs défis à relever. D’abord, comme dans d’autres domaines, la plasturgie a du mal à pourvoir les postes qualifiés pour les procédés de haute valeur ajoutée. Ensuite, il faut trouver du travail aux personnes sans formation qui travaillaient dans des domaines tel que le tri, la manutention, domaines qui se sont beaucoup automatisés ».



Comment dès lors former efficacement ces deux populations, les jeunes et les moins jeunes, aux nouvelles technologies : « Comme le disait la directrice départementale des services de l’Education Nationale lors de l’inauguration d’Ain’formations métiers, on a aujourd’hui aucune idée des métiers que les jeunes feront demain. Il y a une évolution constante. Alors durant la formation des étudiants, il est important de les former à la curiosité, à l’ouverture d’esprit. Demain, dans la plasturgie comme ailleurs, il faudra qu’on apprenne à travailler ensemble, les uns avec les autres, pour faire les choses intelligemment. Concernant les personnes sans qualification, je constate qu’il y a des manques au niveau de l’état dans la formation continue des adultes, même s’il existe de belles choses comme le GRETA par exemple ».



Ce travailler ensemble est déjà mis en place dans la plasturgie, non ? : « La plastronique s’est construite à partir de l’innovation. C’est venu de 10 ans de recherche au centre technique de la Plasturgie (IPC). Et ce modèle va se reproduire dans le temps. Tous nos clients sont des donneurs d’ordre de grands groupes de différents secteurs, et même s’ils connaissaient la vallée d’Oyonnax, ils étaient loin de connaître sa capacité d’innovation. Aujourd’hui, pour leurs problèmes classiques de plasturgie, ils nous consultent pour trouver les meilleurs partenaires. Alors, on fait fonctionner le réseau» !



La plastronique, késaco ?



La Plastronique est une discipline qui permet de marier astucieusement les avantages de la plasturgie et de l’électronique sur un même produit, grâce à l’arrivée de nouvelles technologies. Il s’agit de faciliter l’intégration de pistes et composants électroniques sur des supports plastiques, de formes complexes 3D, en s’adaptant aux contraintes de design de plus en plus exigeantes. S2P est une PME basée à Oyonnax qui propose aux industriels un ensemble de services dédiés à la plastronique, et qui développe une filière de fabrication des nouveaux Produits Plastiques Intelligents.



Guillaume Ducret : « le plastique m’a intéressé »



Guillaume-Ducret



Guillaume est en formation BTS au lycée Arbez Carme d’Oyonnax. Avec d’autres camarades, il animait le stand de la plasturgie à Ain’formations métiers à Ainterexpo du 16 au 18 mars. Dans le magnifique camion de démonstration et de promotion de la plasturgie, ils ont ainsi accueilli des milliers de jeunes, et de nombreux parents aussi, curieux de découvrir ces drôles de machines qui fabriquent des objets en plastique par moulages, ou les fascinantes découpes laser et imprimantes 3D de dernière technologie. « Avant le bac, j’étais en section STI (Sciences et Technologies de l’Industrie), et j’ai eu affaire au plastique. Je suis d’Oyonnax, et cela m’a intéressé. Après le BTS, je pense continuer en 3ème année de licence, puis en master, mais dans le domaine de la vente. Cela se fera sûrement sur Lyon. Cela me permettra de vendre la matière plastique dont je connaîtrai les procédés de fabrication, et surtout de me déplacer dans toute la France. Les profs nous disent qu’il y a de gros besoins en personnes qualifiées. Y a des débouchés, c’est sûr ».



La plasturgie en chiffres



FRANCE RHÔNE-ALPES AIN
Plus de 3 500 entreprises référencées Plus de 700 entreprises 455 entreprises (1)
1ère région de production
120 000 salariés 20 000 salariés Plus de 9 000 salariés (2)
3ème producteur européen derrière l’Allemagne et l’Italie Perte de 5% des emplois en 5 ans Perte de 6,6% des emplois en 5 ans

(1) Plus de 50% ont moins de 10 salariés. La plasturgie représente 17,5% des établissements industriels du département et 6,2% des emplois salariés.

(2) La Plastic Valley emploie 66% des salariés de la plasturgie du département, soit 5 955 personnels.


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