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Etudiants/Lycéens : Quel choix d’orientation pour demain


Quelle filière choisir après le collège ? Quel bac préparer ? Quel métier exercer à la fin de ses études ? Bien heureux celui qui trouve son arbre dans la forêt des métiers. Évidence pour certains, source de stress et d’angoisse pour d’autres, la question de l’orientation prend parfois l’allure d’un parcours du combattant.

Quand je serai grand, je serai ?



L'orientation n'en finit pas de susciter des initiatives. Le ministère de l'Enseignement a décidé de refondre sa plateforme d'inscription des vœux d'orientation postbac désormais appelée « Parcoursup ». Les startups de l'orientation proposent sans cesse de nouveaux outils numériques (voir encadré) et les établissements d'enseignement supérieur, de nouveaux cours en ligne ou Mooc d’orientation. Enfin, des associations œuvrant pour l'égalité des chances s'y mettent aussi. Ainsi, l'association Article 1 (fusion de Frateli et Passeport Avenir) vient de mettre en ligne la plateforme « Inspire ». Fruit de 4 ans d'expérimentation, elle met en lien les lycéens qui s'inscrivent avec des étudiants "éclaireurs" prêts à les renseigner gratuitement sur le cursus qu'ils suivent. On peut aussi faire une année de césure après le bac, un séjour linguistique ou un job au pair à l'étranger avant d'attaquer une licence en langues étrangères par exemple. Si vous cherchez simplement à vivre une expérience internationale de solidarité, vous pouvez explorer les formules de service civique à l'étranger. Des universités proposent d’effectuer une année de réflexion sur son orientation. Paréo, « Passeport pour réussir et s’orienter » est un diplôme universitaire (DU) crée en 2015 permettant aux jeunes d’établir leur projet professionnel. Enfin, la présentation aux concours de la fonction publique ou les contrats d’apprentissage sont aussi d’autres possibilités envisagées. Dans cette jungle, il y a donc les voies classiques, et celles plus confidentielles, car les métiers sont comme les trains et « un métier peut en cacher un autre ». Pas facile de s’y retrouver !



Le dispositif Parcoursup



Le nouveau dispositif Parcoursup régule l’entrée des lycéens et des étudiants en réorientation dans l’enseignement supérieur et au 22 mai, la date était stratégique. Les 812 058 candidats ont commencé à recevoir les propositions d’admission aux vœux d’orientation qu’ils avaient émis. 436 224 candidats ont constaté qu’ils avaient au moins une réponse positive à leurs vœux, et donc 375 834 autres jeunes étaient, le 23 mai, sur liste d’attente ou refusés à tous leurs vœux. « Le gros inconvénient de Parcoursup est que les meilleurs élèves reçoivent plusieurs réponses positives, condamnant pas là même un grand nombre de candidats à être sur liste d’attente » se lamente Camille, étudiante en première année de droit. Ce point, et son impact psychologique négatif, mobilise désormais le gouvernement sur son numéro vert pour répondre aux familles paniquées. Pourtant, les candidats ayant plusieurs réponses positives sont tenus de faire un choix et donc de libérer des places. Un grand nombre de lycéens sur liste d’attente devraient normalement recevoir des propositions d’admission jour après jour. C’est la raison qui amène la ministre de l’Enseignement, Frédérique Vidal, à affirmer que « les deux tiers de candidats auront une proposition positive avant le bac ». Le lycéen pourra certes postuler à nouveau via la procédure complémentaire qui débute le 26 juin, mais uniquement sur des formations où il reste des places. Pendant le bac, du 18 juin au 25 juin inclus, le dispositif est gelé. « Il ne faut donc pas se décourager et guetter les notifications envoyées par l’application Parcoursup » rassure le gouvernement.



Onisep, CIO, et mise à l’eau



L’Onisep* a mis en ligne un site bâti sur mesure pour répondre aux questions des futurs bacheliers : http://www.terminales2017-2018.fr. Un portail qui propose de faire un choix raisonné sur son avenir. Centre d’information et d’orientation (CIO), services communs universitaires d’information et d’orientation (SCUIO), missions locales, centre d’information jeunesse (CIDJ) : ces lieux d’information et de conseil d’orientation existent dans toutes les académies. « Ah oui, le CIO, j’y suis déjà allée une fois », nous dit Camille, « Ça m’a été fort inutile ! Au final, personne ne nous renseigne vraiment, surtout au lycée. Il faut tout chercher soi-même mais si on fait une erreur de parcours, là on n’a pas de seconde chance. » Pour Vincent Colin, ancien DRH, reconverti dans le coaching d’orientation « les conseillers d’orientation ne sont pas assez nombreux pour répondre aux demandes. On arrive à un double paradoxe qui est le manque d’information pragmatique au sein des établissements et la surenchère d’informations sur internet. Les jeunes sont perdus. » L’intérêt est donc d’anticiper ses vœux professionnels le plus tôt possible. « Il faut faire un tri et un choix en fonction de sa personnalité, son niveau scolaire et les débouchés » résume Vincent Colin. Et ainsi, peut-être éviter les déconvenues. Camille veut quitter la fac après une première année de droit : « Je me suis inscrite sur Parcoursup pour faire un DUT génie bio mais j’ai été refusée et j’attends pour un BTS analyse biologie médicale sauf qu’il n’y a que 2 places. Si je n’ai rien, il va falloir que je trouve du travail pour me payer une école de Makup Artist ». Dans les universités, il faudra attendre la rentrée pour savoir si tous les candidats ont trouvé une place. Et peut-être un jour avoir la chance de faire sienne cette maxime de Confucius “Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie.”

*Onisep : Office National d'Information Sur les Enseignements et les Professions



Le coaching en orientation



Des startups misent sur le numérique pour aider les jeunes à trouver leur voie. Coaching, tests, forums, vidéos, réseaux sociaux, autant d’innovations pour résoudre le casse-tête de l’orientation. Et depuis plusieurs mois, le rythme s’accélère : il y a Study Advisor, Bloom’r, Studywork, MeshUp, Myjobglasses, My Future, Pazap... Des sites ou applications mobiles qui complètent le rendez-vous chez le conseiller d’orientation. Vincent Colin est responsable de Recto Versoi, une société spécialisée dans le coaching d’orientation « En tant qu’ancien DRH, j’ai vu trop de salariés peu satisfaits de leur sort car beaucoup ont dû choisir un métier, soit par hasard, soit par défaut. L’orientation professionnelle est surtout un constat d’échec aujourd’hui ». En collaboration avec une équipe de psychologues et des experts en ressources humaines, il a donc crée son réseau il y a 5 ans pour définir des projets en adéquation complète avec la personnalité du jeune de 14 à 28 ans.


Parcoursup en chiffres :

- 812 058 candidats se sont inscrits sur Parcoursup.
- Ils ont fait en moyenne 7,7 vœux sur les 10 qui étaient possibles.
- Les filières sélectives représentent 68% des vœux, pour 32% aux non sélectives. Les CPGE, les BTS et les DUT restent très demandés. On note +26% de candidats à des DUT et +15% à des BTS.
- À l’université, il y a beaucoup moins de vœux qu’avant, car Parcoursup a supprimé les « vœux contraints » (avec APB, tout lycéen devait obligatoirement mettre une licence).

Le Saviez-Vous ?


Lancé en 2010 en France, le service civique permet à des jeunes de 16 à 25 ans (avec ou sans le bac) de travailler six à douze mois dans une association ou une collectivité locale. Santé, environnement, aide aux plus pauvres, personnes âgées, soutien scolaire, animation culturelle et même missions humanitaires, le choix est vaste. Une belle plus-value avant l’entrée sur le marché de l’emploi.

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