Hebdo 01 - Pays de Gex - Bellegarde

Impacts du salon de l'auto Genève sur le pays de Gex


A l’approche du printemps, la planète auto se positionne en orbite autour de Genève. Comme chaque année, du 8 au 18 mars, le salon suisse a l’honneur de lancer la tournée européenne des rendez-vous internationaux dédiés à la présentation des nouveautés automobiles. Avec près de 700 000 visiteurs, les retombées économiques ne manquent de rayonner sur le Pays de Gex.

Plein phare sur le Pays de Gex



Les hôteliers se frottent les mains : « Complet » peut-on lire sur les devantures des établissements, et les réservations s’effectuent souvent d’une année sur l’autre. « On a un bon remplissage grâce au salon de l’automobile en effet, mais ce n’est pas aussi fou qu’avant » précise Cyril Vantard, de l’Aparthôtel Adagio à Thoiry. La faute à une concurrence féroce entre établissements, une vingtaine au total établis le long de la frontière. En dehors de cette concurrence directe liée au parc hôtelier lui-même, il en existe une autre, plus indirecte, comme l’aéroport ou le train qui, en facilitant l’accès rapide au salon, limite également le nombre de nuitées. La SNCF propose d’ailleurs des offres « Spécial Salon » et un trajet TER à 50% de réduction plus une entrée au salon pour 15,50 €. L’unireso (réseau de transports en commun) s’associe à cette opération et propose aussi une offre combinée de transports avec une entrée au salon. Néanmoins, Cyril Vantard n’est pas inquiet. « Entre le montage et le démontage du salon, l’occupation des chambres commence en février et se termine en mars. Nous accueillons les professionnels en préouverture, c’est-à-dire les journalistes, exposants et invités de marque, et enfin un public de passionnés ». L’occasion de nouer des relations privilégiées avec une clientèle fidèle. « Toute l’équipe reçoit des invitations pour le salon », ajoute le responsable de l’établissement.

Ainsi, la durée du salon et par conséquent le taux d’occupation des chambres s’allonge du fait des préparatifs, et permet de recevoir des visiteurs de différents profils, et donc d’ajuster aussi le prix des nuitées.

Cette opportunité de remplissage en plein mois de mars est évidement la bienvenue pour les professionnels du tourisme, en hôtellerie ou en restauration dont l’activité est fortement liée à l’attractivité Genevoise. Les restaurateurs aussi profitent de l’engouement. Ainsi, « Le Pirate » à Ferney Voltaire est associé depuis 10 dix au constructeur Mercedes pour assurer des navettes, de la table du restaurant à l’entrée du salon. Du matin jusqu’au soir, c’est une dizaine de navettes effectuées par jour.



« L’effet salon »



Le Salon de Genève a ouvert ses portes sur fond de crise du diesel et des menaces de taxation pèsent sur les constructeurs européens. En dépit de ces problématiques, c’est le pèlerinage annuel pour tous les passionnés de voitures. Mais pas seulement. Les lycées technologiques organisent des sorties à cette occasion. Certains viennent de très loin. Mais aussi des clubs automobiles, acheteurs, collectionneurs fortunés ou simples amateurs de voiture d’exception. Les Français représentent quand même 30% des visiteurs du salon. « Le mois de mars est le plus gros mois de l’année », affirme Anthony Boucard, commercial à la concession DG8 Motors à Cessy. « On a des visites de courtoisie ou des curieux qui viennent se faire plaisir mais ce qui est certain, c’est qu’on profite clairement de « l’effet salon ». Et quand on lui demande s’il se rendra au Palexpo, il est catégorique : « Bien sûr » réplique-t-il comme une évidence. « Nous maintenons une veille concurrentielle sur le salon, mais c’est aussi un plaisir personnel et une culture que nous entretenons ». Mais passer du rêve à la réalité n’est-il pas douloureux ? « Il n’y a pas de décalage entre ce qu’on propose et les modèles exposés. Un salon est une vitrine et une mise en valeur de notre implication », affirme encore Anthony Boucard. « En venant chez nous après le salon, le public permet de passer d’un véhicule de rêve à un véhicule de série ».



De l’automobile aux embouteillages



Et il y a les autres. Tous ceux qui regardent l’éclat du salon…de leur salon justement. « Les voitures, très peu pour moi », claironne cette secrétaire de mairie. « Je préfère le salon du livre », « et moi, le salon de coiffure », réplique sa collègue. Ou bien encore Sylvain, ce jeune intérimaire venu refaire sa carte d’identité : « La voiture, c’est l’accessoire indispensable pour nous les frontaliers. On y passe beaucoup de temps, on la partage et parfois même, on dort dedans ». Lui non plus n’ira pas sur le salon. Car la contrepartie à tant d’engouement, ce sont les bouchons ! Stéphanie Meylan Thomas, directrice adjointe de l’office de tourisme du Pays de Gex confirme : « Evidemment, le salon a beaucoup d’impact sur la région et son rayonnement va jusqu’à la vallée de la valserine et les embouteillages sont presque inévitables. D’ailleurs, quand vous arrivez à la douane de Ferney Voltaire, les perturbations routières sont indiquées en raison du salon. Le parking est saturé et les frontaliers savent qu’ils doivent prendre leurs dispositions à cette période de l’année et privilégier le bus ou le train quand ils le peuvent ». De même, l'accès routier à Genève Aéroport s’avère difficile à certaines heures de la journée durant toute la durée du salon. En général, c’est lors du premier week-end que l’affluence est la plus forte, et ce en dépit de tous les dispositifs mis en place afin de drainer la circulation. D’autres salons ont cours sur Genève, celui de la Haute horlogerie ou bien celui de l’aéronautique pour ne citer qu’eux, mais c’est bien le salon de l’automobile qui offre de façon régulière les plus forts impacts économiques sur la région.


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