Hebdo 01 - Pays de Gex - Bellegarde

La rentrée politique de Jean Deguerry - Président du département


Les ministres ont retrouvé leurs bureaux. Le chef de l’État est de retour à l’Élysée et le président de notre département, Jean Deguerry, de retour de vacances en Bretagne, planche lui-aussi sur les dossiers de la rentrée.

Les 5 chantiers prioritaires



Dans son discours de vœux en janvier 2018, Jean Deguerry exprimait la vision qu’il porte sur l’avenir du département et les priorités qu’il souhaitait mettre en place dans l’année. L’objectif est triple : promouvoir l’unité, le rayonnement et l’attractivité de l’Ain. Après le choix du gentilé le 24 juin, les premiers états généraux du territoire sont organisés en juillet au monastère de Brou. « Les états généraux ont été un véritable succès. Nous avions lancé une grande enquête auprès des élus pour savoir ce qu’ils attendaient de leur département. Plus de 1000 élus locaux sur 1400 y ont répondu et cette enquête a même été reprise par d’autres départements. J’ai annoncé le soir même des états généraux, 5 chantiers prioritaires que nous devrons conduire d’ici la fin du mandat en 2021 ».



Les 5 chantiers prioritaires



« Le premier chantier qui va nous occuper est la contractualisation du territoire. Le département est le premier partenaire financier des communes et des EPCI*. On sent qu’il y a une demande forte pour le montage financier des dossiers de la part des élus. Il y a ensuite un besoin de formation des élus et futurs élus. Un premier mandat n’est pas toujours facile. Les nouveaux maires sont parfois perdus ou désorientés et ont besoin d’être formés. Le département veut les aider en organisant des formations. Le troisième chantier qui va nous occuper est la mise en place d’un guichet unique pour les communes et les EPCI dans le but de clarifier les choses et les centraliser pour toutes les démarches. Cela permettra de répondre plus vite, d’être plus efficace et plus réactif auprès des demandes des élus. Sur un plan stratégique, je souhaite renforcer le positionnement de l’Ain entre Lyon et Genève, en lien avec le département du Rhône et le Genevois français. Le but est d’avoir une vraie plateforme de décision et de concertation commune entre la Métropole de Lyon et celle de Genève. L’Ain doit être le trait d’union de ces deux grandes villes et rien ne doit se décider sans que l’un ou l’autre ne soit concerté. Enfin, le dernier chantier est celui de la démographie médicale. On ne va pas faire venir des médecins en claquant des doigts. C’est un problème national mais chaque département doit trouver des solutions, avec l’ARS et les partenaires de la santé, pour essayer de combler ce déficit. Enfin, l’axe de travail supplémentaire, c’est de structurer la communication entre départements et l’ensemble des collectivités territoriales. Il y a une faiblesse de ce côté-là, or on est toujours plus fort quand on est uni ».





Le refus de signer le Pacte Financier avec l’Etat



« Je ne souhaite pas signer le pacte financier avec l’Etat qui selon moi, va contre les intérêts du département et des habitants, donc il est hors de question que je signe ce pacte dans sa version actuelle. Ce pacte ne tient pas compte de l’importante démographie annuelle de l’Ain. Lorsque vous augmentez votre population, vous augmentez fatalement votre dépense sociale et je rappelle que l’Ain, en 5 ans, a connu une hausse démographique de l’ordre d’une ville comme Bourg-en-Bresse. On ne tient pas compte non plus des efforts que nous faisons. Nous avons baissé les déficits de plus de 18 Millions d’euros. J’aurais aimé qu’on tienne compte de ce travail. On nous demande de faire des économies qu’on a déjà réalisé. L’Ain avait montré l’exemple avant que le gouvernement d’Edouard Philippe vienne nous le dire ! L’autre point, c’est le cas des mineurs non accompagnés. Ils viennent de l’étranger aidés par des filières criminelles et l’Etat se décharge complétement sur le département pour qu’on s’occupe de ces mineurs. Dans l’Ain, leur chiffre a triplé en deux ans, les sommes dépensées également, sans remboursement de l’Etat, or ce problème relève de la compétence de l’Etat. Pour toutes ces questions sans réponse, j’ai refusé de signer le pacte car le principe d’uniformité de tous les départements me dérange. »



Les transports



« Dans le pays de Gex, on a une explosion démographique. On a initié le BHNS* et des projets de désengorgement routier. Même chose sur la Côtière. On mène une réflexion pour un BHNS entre Trévoux et la gare Lyon Part Dieu. Le transport sera la compétence de la région à partir de 2022, conséquence de la Loi NOTRe. Pour nous, l’important est de travailler sur les infrastructures. Il n’est pas compliqué de gérer un département, mais c’est de rattraper le retard pris qui l’est. Il nous faudrait construire un collège par an pour recevoir tous les enfants correctement. Aujourd’hui, j’essaye de répondre aux besoins avec un budget réduit. On a perdu 50 Millions d’Euros d’aides de l’Etat en seulement 4 années. Nous nous sommes engagés à ne pas augmenter les impôts des Aindinois, donc c’est un équilibre permanent. Enfin, ce qui fait le charme et les atouts de l’Ain, c’est toute sa diversité. Le gentilé est un trait d’union même si chaque entité du territoire garde ses spécificités. Cet automne, nous lancerons le label Origine Ain (produits exclusivement faits dans l’Ain). Je souhaite qu’on reconnaisse que le travail a été fait. J’ai la motivation et je n’ai pas d’autres ambitions. On sait très bien qu’on est sur un siège éjectable. Les gens nous voient souvent découper des rubans ou assister à des commémorations, mais la politique ne se limite pas à ça évidemment. On passe son temps à faire des choix et à trancher pour les autres et les responsabilités sont lourdes sur tous les plans. On ne peut pas tout réussir, mais on n’a pas le droit de ne pas essayer ».



*EPCI = Etablissement Public de Coopération Intercommunale

*BHNS= Bus à Haut Niveau de Services



Ce qu’on peut lire sur Twitter



«@damienabad : «Ce pacte financier avec l’État a l’emballage séduisant mais des résultats décevants. Il sanctionne le @Departement_AIN alors que nous avons réalisé 18 M€ d’économies de fonctionnement entre 2015-2017, pas pris en compte dans le calcul des dotations.» #injuste



« Plan de lutte contre la fraude et pour une gestion rigoureuse du #RSA a généré un impact budgétaire de 1 609 571 € en 2017 »



« Le Département vote une subvention d’investissement de 175 000 € aux PEP 01 dans le cadre de la construction de la maison d’enfants à caractère social Georges Lapierre à #Dagneux »



Jean Deguerry : « Les montants du RSA sont stabilisés dans l’#Ain grâce à la reprise d’activité et à notre politique d’insertion vers l’emploi. 531 000 € récupérés suite à des fraudes ont été réinvestis dans l’insertion ».



« Avec 7 millions d’euros d’aides annuelles le Département de l’#Ain mène une politique volontariste dans le domaine de l’eau potable et de l’assainissement ».



« Participation du Département à l’organisation d’un séminaire de formation des maîtres de stage en médecine générale. Plus de maîtres de stage = plus de stagiaires médecins dans l’Ain, en espérant leur future installation. »


La démographie médicale, une priorité du département

Un tableau médical pour commencer : la France n’a jamais compté autant de professionnels de la santé en activité, soit 215 041 mais ils semblent assez mal répartis. Sur notre département, on compte 207,8 médecins pour 100 000 habitants, alors que la moyenne en France est de 330. Le nombre d’heures travaillées par médecin est également en chute libre et la situation se dégrade progressivement. Pour exemple, la commune de Pont de Vaux a perdu 3 médecins sur les 6 qu’elle comptait jusqu’à peu. Cette désertification médicale est une urgence. « Le nombre d’installation des professionnels de la santé ne compense pas celui des départs. L’Ain serait le 2e département de France le plus mal classé en matière de démographie médicale et les courbes continuent de se croiser entre une démographie galopante (+6,7 % entre 2015 et 2020) et un nombre de praticiens en baisse de 0,4 % sur la même période. Les projections sont donc négatives. En 2015, c’était 103 médecins pour 100 000 habitants et en 2020, seulement 96 ! ». Le département n’est pourtant pas avare d’efforts et met en œuvre depuis 10 ans des actions tels que des bourses aux jeunes médecins, le soutien aux projets d’ouverture de structures médicales ou des actions de sensibilisations. À ces questions, Jean-Yves Graal, directeur régional de l’ARS a tenté de répondre : « le projet régional de santé est un exercice de prospective sur 10 ans. Nous adoptons la stratégie de la politique nationale de santé par la prévention, la vaccination obligatoire, ou celle contre la grippe pratiquée chez les pharmaciens par exemple. C’est un dispositif qui a donné de très bons résultats, en remettant les pharmaciens d’officine comme professionnels de santé au plus proche des populations. Malgré les bourses, les contrats d’installation ou les stages, les médecins s’installent où ils veulent. Pourtant, notre département est aussi le plus riche en maisons de santé pluridisciplinaires. Le zonage est déterminant également pour l’accès aux aides. L’ensemble du département est d’ailleurs situé en zone prioritaire ».


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