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Le féminisme ? Très peu pour eux !


Non, le féminisme n’est pas un gros mot. Oui, la plupart des hommes sont féministes (consciemment ou non). Non, les féministes ne détestent pas les hommes. Oui, les féministes aiment les autres femmes, même plus jolies qu’elles. Non, elles ne sont pas nécessairement homosexuelles. Oui, il reste une foultitude de combats à mener pour l’égalité homme/femme. Mais surtout, si vous croyez à ce dernier concept, vous voilà d’ores et déjà féministe. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous vous proposons une édition spéciale, résolument féministe, assez subjective mais outrageusement assumée. Girl power !

Le féminisme perturbe le machisme ancestral. Une logique imparable. Les incidents sexistes ne manquent pas.



En 2013, des députés s’essaient à des imitations de gallinacées lors de l’allocution de leur collègue féminine. « Arrêtez, je ne suis pas une poule », réagit l’intéressée, Véronique Massonneau, élue écologiste. Après avoir été critiquée pour avoir porté un jean pendant l’exercice de ses fonctions, Cécile Duflot alors Ministre de l'Égalité des territoires a aussi connu le sexisme ordinaire de ses homologues à l’hémicycle en s’attirant des huées pour port de robe cette fois. En octobre 2016, le site web « Chaircollaboratrice.com » décide de collecter les témoignages de femmes victimes du sexisme de la part de certains élus. Le résultat est édifiant et les affaires nauséabondes se ramassent à la pelle.



Un phénomène sociétal qui en amène un autre. Et les chiffres glacent le sang. En France, une femme décède tous les trois jours après des violences conjugales subies par leur partenaire ou ex-partenaire de vie. Une réalité qui a accentué le traitement médiatique de l’affaire Jacqueline Sauvage, allant parfois même jusqu’à opposer, dans l’opinion publique, valeurs féministes et justice.



Des voix s’élèvent contre le féminisme et elles sont… féminines



En France, selon le Collectif féministe contre le viol, entre 2003 et 2005, plus de 90% des victimes de viols étaient des femmes et environ 96% des agresseurs étaient des hommes. Parmi la banalité du sexisme ordinaire, s’instaurent les mythes du viol. Personne ne s’insurge pour défendre l’acte. Pourtant, insidieusement, des idées reçues continuent leur chemin (de traverse). « Si vous voulez éviter de vous faire violer, commencez déjà par ne pas vous habiller comme des salopes », avait lancé un policier canadien lors d’un séminaire de prévention sur les agressions sexuelles devant les étudiants d’un campus new-yorkais. Les femmes n’ayant pas à gérer les pulsions de certains hommes et étant libres de leur corps, rappelons que le viol est un crime punissable de 20 ans d’emprisonnement.



Plus absurde, le féminisme se confronte également à des femmes. En 2013, un mouvement crée le « buzz » : « Women against feminism ». L’idée ? Poster des photographies de soi avec une pancarte où le texte commence par « I don't need feminism because... » (« Je n’ai pas besoin du féminisme parce que… »). S’en suivent des arguments… étonnants. Un mouvement disparu aussi vite qu’apparu.



Je suis égalitariste



Le mot féminisme fait si peur que s’en revendiquer en société revient parfois à faire une sorte de coming-out.



Vous êtes pour l’épilation ? Vous croyez en l’instinct maternel ? Vous avez allaité ? Vous aimez les hommes ? Vous en êtes un ? Vous faites vous-même les courses ? Vous portez de la lingerie sexy ? Vous ne comprenez pas toujours les actions des Femen ?

Qu’à cela ne tienne, si vous soutenez l’égalité entre les sexes, vous êtes féministe. Et cela n’a rien à voir avec l’hystérie, l’anarchie ou l’esprit revanchard. Le féminisme n’est pas une pensée unique et son terme ne doit pas (plus) faire peur. Et si vous êtes à cheval sur l’étymologie, tentez le « Je suis égalitariste ».


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