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Plan hivernal : la solidarité prépare ses troupes


S’il fallait le marteler, le mot « fraternité » donnerait trop à penser à la détresse d’une femme politique au lendemain d’élections présidentielles. Pourtant, voilà bien l’un des plus beaux mots de la langue française : FRA-TER-NI-TÉ. D’autant plus qu’il engendre souvent son cousin : Solidarité. Alors que l’hiver pointe le bout de son nez, les associations solidaires comme les Restos du cœur, la fondation Abbé-Pierre ou encore la Croix-Rouge sont sur le pont, prêtes à réchauffer des situations glaçantes.

Société



Bien que le Gouvernement vienne d’annoncer 14000 nouvelles places d’hébergement des sans-abris en France, en plus des 136 000 existantes, les associations restent en état d’alerte. Dans l’Ain, les quelques 700 bénévoles des Restos du cœur, qui lanceront leur 34ème campagne d’hiver mardi 27 novembre prochain, sont dans les starting-blocks. Comme toutes les associations solidaires, ils cherchent des bénévoles. Dans le pays de Gex et à Hauteville-Lompnes tout particulièrement. À l’entrepôt départemental, ce sont des préparateurs de commande et des chauffeurs poids lourds qui manquent à l’appel 1 à 3 jours par semaine pour acheminer les produits palettisés dans leurs deux camions de 13 et 19 tonnes et approvisionner les centres du département. Les Restos ne sont pas les seuls à mettre à disposition leur générosité hivernale. Et si l’on connait souvent la Croix-Rouge pour son volet « secourisme », son volet « action social » est tout autant étoffé.



Samedi dernier, à Bourg-en-Bresse, ils étaient une dizaine à finir leur formation de maraudeurs. Au programme : l’approche de la personne à la rue, le phénomène de désocialisation, l’aide à apporter, les addictions et les maladies pouvant être rencontrées, le but des maraudes… Grâce à deux modules, les voilà prêts à affronter le froid mais surtout les situations difficiles. Car les fameuses maraudes de l’association vont reprendre du service dès le 1er décembre et jusqu’au 31 mars, pour les quatre mois les plus froids de l’année. À Bourg-en-Bresse et sa proche périphérie, elles commencent à 19 heures et finissent généralement vers 22.



« On va à la rencontre des personnes qui sont dans la rue, pour garder un lien social. On apporte une écoute pour tenter de trouver des solutions avec elles notamment pour un hébergement durable », résume Jacques Aubry, Président départemental de la Croix-Rouge. Car contrairement aux idées reçues, les maraudes ne fournissent pas de vêtements ou de repas, mais uniquement un réconfort et des boissons chaudes. Et bien qu’aucun incident ne soit à déplorer, le Président départemental est convaincu de l’utilité de la formation interne Solidar pour les maraudeurs. « Nous sommes sur Bourg-en-Bresse. Ce n’est pas Paris, ni Lyon. Mais une difficulté peut toujours survenir. Une personne alcoolisée, par exemple, qu’elle soit à Paris ou à Bourg-en-Bresse, il faut savoir comment se comporter et les normes de sécurité à observer », ajoute-il.



Il faut dire qu’il maraude depuis maintenant 5 ans. Le recul, il l’a appris. « Il faut se faire une carapace et se dire que l’on ne va pas sauver le monde, que ce que l’on fait, on essaie de le faire bien, et de passer un moment agréable ensemble. Mais il faut être modeste, on ne va pas sauver le monde, ni ramener les gens à la rue dans le circuit social avec un coup de baguette magique. »



Parmi les maraudeurs aindinois, des jeunes, des moins jeunes, des retraités, des actifs… « Il n’y a aucun profil type, à part peut-être un bon nombre de travailleurs sociaux ou d’instituteurs », précise Jacques Aubry.



« Ça apporte une certaine philosophie de la vie »



Tous vont, cet hiver encore, toucher du doigt la fraternité du quotidien. « Les maraudes apportent une relation avec des gens que l’on n’a pas l’habitude de côtoyer, ça permet de se rendre compte que du jour au lendemain, on peut se retrouver sur le trottoir, ça apporte une certaine philosophie de la vie… Le rapport à l’autre est important, c’est-à-dire qu’on ne doit pas mépriser ces gens, avoir un certain altruisme, mais sans tomber dans l’assistanat systématique », pense le Président départemental.



Et si sa section ne compte pas moins de 700 bénévoles, c’est bien parce les actions solidaires ne sont pas liées uniquement à une saison de l’année. Au sein des 22 unités réparties sur tout le territoire départemental, on peut trouver des accueils-écoute, des actions en milieu carcéral, à la prison de Bourg-en-Bresse, dont la prévention du suicide, des actions d’écrivain public pour rédiger les courriers des détenus, des actions d’accompagnement à la sortie de prison… « Nous avons également un important atelier sur l’illettrisme avec 30 à 40 personnes inscrites et une dizaine de bénévoles, des actions médicales avec notamment un camion qui sillonne les routes départementales pour effectuer de la prévention comme la vaccination ou le dépistage des MST mais aussi du soin auprès des personnes démunies avec des partenaires comme le Secours catholique ou les Restos du cœur et grâce à un médecin bénévole. »



« J’ai une petite idée », disait Coluche, il y a 33 ans à la création des Restos du cœur. La Croix-Rouge de l’Ain en a une aussi. « On essaie de mettre sur la route un second véhicule médical à visée dentaire, d’ici 2019. Le plus dur, c’est sûrement de persuader les personnes de se faire soigner », conclut Jacques Aubry.



Astuces solidaires



Vous avez peu de temps et peu d’argent à consacrer aux associations mais vous souhaitez tout de même apporter votre pierre à l’édifice ? Facile !



• Un dentifrice, un paquet de pâtes… Lors des collectes solidaires en grande surface, une denrée alimentaire ou un produit d’hygiène déposé dans le caddie et les quelques euros se concrétisent en aide directe.



• Le bénévolat peut aujourd’hui se faire « à la carte ». À la Croix-Rouge, il vous suffit de donner un créneau horaire de disponible et vos aptitudes. Pour exemple, comptez 2 heures par semaine pour intégrer l’équipe d’illettrisme, deux heures toutes les 3 ou 4 semaines pour participer au dispositif de soutien des codétenus ou encore 2 heures le samedi matin pour les écrivains publics.



• Vous faites le tri dans vos armoires ? La plupart des vêtements ou chaussures sont encore propres et complètes ? Déposez-les dans les containers ou les vesti-boutiques de la Croix-Rouge.



Boutique de Bellegarde-sur-Valserine,
13 rue Viala, ouverte les mardis et jeudis de 14 à 17 heures.

Boutique de Prévessin-Moëns,

ZA du Clos de Magny, ouverte le mardi de 14 à 17 heures et le samedi de 9h30 à 11h30.

Ainsi que le container, à proximité. 

Boutique de Versonnex,

bâtiment « Le sésame », rue de l’Europe,

ouverte le jeudi après-midi et le samedi matin. Ainsi que le container, à proximité.


Les maraudes de l’Ain en chiffres


78 maraudes

42 bénévoles ont participé aux maraudes

40 bénévoles ont reçu la formation Solidar 

743 rencontres (140 hommes et 10 femmes)

9,5 personnes rencontrées en moyenne, par maraude

Chiffres de 2017, en année civile



Les Restos du cœur de l’Ain en chiffres



722 bénévoles

6 530 personnes accueillies

455 358 repas distribués lors de la campagne d’hiver 2017

24 antennes locales


Le cas du pays de Gex

Comme pour beaucoup de choses, le pays de Gex et son statut frontalier se distinguent du reste du département. Des maraudes y sont organisées grâce à l’importante activité de l’antenne locale de Prévessin-Moëns.



Mais rien ne ressemble à celles de la capitale départementale. « C’est à titre un peu expérimental. Il se trouve que ce n’est pas du tout évident. D’abord parce que le pays de Gex va de Fort l’Ecluse à Divonne, c’est très étendu. Aussi parce que les personnes SDF, à la fin de la journée, traversent la frontière pour trouver refuge en Suisse. La faute au peu de solutions sur place, le seul CHRS (Centre d’hébergement et de réinsertion sociale) y est souvent saturé. Autre phénomène du pays de Gex : on a affaire à des travailleurs pauvres qui n’ont pas les moyens de se loger sur place et qui, éventuellement, dorment dans leur voiture. C’est très difficile à identifier car ce sont des gens qui cherchent la tranquillité le soir venu », explique Jacques Aubry.



Cependant, le pays de Gex possède une distribution alimentaire mobile de la Croix-Rouge qui sillonne le territoire et distribue des denrées. « C’est aussi un moyen de rentrer en contact avec les personnes isolées », conclut-il.


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